Écartée récemment de la course à la Ligue des champions de la CAF, la Colombe Sportive du Sud a décidé de transformer cette déception en véritable moteur de renaissance. À quelques jours de la finale de la Coupe du Cameroun, l’équipe de Richard Towa mène une préparation intense, structurée et ambitieuse pour aller défendre son titre face à la Panthère Sportive du Ndé, le 14 décembre prochain.
Depuis son élimination en Ligue des champions de la CAF, la Colombe a mis en place un programme sportif solide pour retrouver son niveau optimal. Les matchs amicaux se sont succédé afin de maintenir le rythme et d’ajuster les mécanismes de jeu. Au centre technique de la Fecafoot à Odza, l’équipe a débuté par une série de deux rencontres : un match nul 1-1 face à Apejes de Mfou, puis une victoire 2-0 contre As Fortuna. Ces premières oppositions ont permis à Richard Towa d’évaluer les comportements collectifs et individuels après une période de transition.
La montée en puissance s’est ensuite confirmée avec des succès retentissants : un large 8-0 infligé à EBFA Sport Académie, suivi d’un nouveau festival offensif 6-0 contre Royal de Mfou. En deux matchs, les « Oiseaux du Sud » ont inscrit quatorze buts, une preuve de leur efficacité retrouvée et d’un moral élevé à l’approche du grand rendez-vous.
Un cadre optimal au Complexe Mundi
Dans la logique d’une préparation sérieuse, l’équipe s’est installée au Complexe Mundi. Ce choix n’est pas anodin : comme l’année précédente avant leur sacre, les joueurs ont opté pour un retrait loin des distractions afin de travailler en profondeur. Inno leomba et ses partenaires y enchaînent les séances dans un environnement calme, propice à la concentration. Le staff insiste sur la discipline, les détails tactiques, ainsi que la récupération, primordiale pour aborder la finale avec fraîcheur.
La préparation de la Colombe dépasse le seul aspect technique. En interne, le Comité des sages, sous la présidence du ministre Louis Paul Motaze, a validé un budget exceptionnel de 156 millions de FCFA. Cette enveloppe illustre l’importance accordée à ce rendez-vous et la volonté du club de mettre toutes les conditions en place pour défendre son trophée.
En parallèle, l’État a apporté un appui direct aux deux finalistes. La Colombe Sportive du Sud et la Panthère du Ndé ont chacune reçu 6 millions de FCFA pour soutenir les frais de préparation. Un geste qui vient renforcer les efforts déjà déployés par le club.
Une Colombe décidée à remettre les pendules à l’heure
Entre les matchs amicaux bien négociés, la mise au vert au Complexe Mundi et une organisation interne qui respire le sérieux, tout montre que la Colombe Sportive du Sud n’est pas venue jouer. Le club veut arriver en finale avec l’esprit clair, les jambes fraîches et la rage de bien faire.
Éliminée de la Ligue des champions, l’équipe a encore ce goût amer dans la bouche. Et quoi de mieux qu’une finale de Coupe du Cameroun pour répondre sur le terrain ? Le 14 décembre, les Oisillons retrouveront une Panthère du Ndé gonflée à bloc, prête à montrer les crocs.
Parti de Marseille pour se relancer, Faris Moumbagna vit un début d’aventure très compliqué à la Cremonese. Annoncé comme un renfort prometteur après une saison gâchée par une rupture des ligaments croisés, l’attaquant camerounais peine une nouvelle fois à enchaîner. Et les chiffres sont inquiétants : seulement 14 minutes disputées depuis août.
Touché à plusieurs reprises, Moumbagna a manqué huit matchs et n’a quasiment pas pu défendre sa place. Pendant ce temps, la concurrence s’est installée : Jamie Vardy et Federico Bonazzoli, tous deux déjà à quatre buts, ont pris les commandes de l’attaque.
Au milieu de ce contexte compliqué, l’attaquant doit surtout retrouver du rythme et de la puissance physique. À ce titre, les préparateurs italiens rappellent combien certains compléments peuvent être idéaux pour l’entraînement pour aider un joueur à reconstruire une dynamique athlétique après une longue absence.
Une petite éclaircie est toutefois apparue : Faris Moumbagna était de retour dans le groupe le week-end dernier contre Bologne. Un signe encourageant mais encore fragile. Pour espérer enfin lancer sa saison et sauver son avenir en Serie A l’attaquant doit maintenant enchaîner les semaines sans rechute.
Ce retour progressif pourrait marquer le début d’une vraie relance, si son corps accepte enfin de le laisser en paix. Rien n’est gagné, mais l’attaquant camerounais entrevoit enfin une fenêtre pour revenir dans la rotation et prouver qu’il peut exister en Serie A.
L’été dernier, Faris Moumbagna avait d’ailleurs été invité à reprendre avec la réserve en Pro D2, signe clair qu’il ne faisait plus partie des plans olympiens. Barré par la concurrence et classé parmi les indésirables, l’attaquant de 25 ans avait finalement trouvé une porte de sortie en Italie, où la Cremonese, fraîchement promue en Serie A, s’était positionnée pour l’accueillir. L’OM avait ainsi rapidement officialisé un prêt avec option d’achat estimée à 7 millions d’euros, assorti d’une indemnité immédiate d’environ 300 000 €.
Réélu le 29 novembre dernier avec 85 voix, soit le double de son score en 2021, Samuel Eto’o entame un second mandat à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) avec un discours axé sur quatre grands chantiers : redonner les valeurs à l’équipe nationale, rendre le label “Lions Indomptables” attractif, rehausser l’attrait des championnats locaux, et renforcer l’autonomie de la Fédération .Mais derrière ces axes officiels, le football camerounais traverse une crise profonde. Scandales, tensions institutionnelles, instabilité managériale, infrastructures insuffisantes : la reconstruction de ce secteur vital du sport national exige beaucoup plus qu’une feuille de route en quatre points.
Durant son premier mandat, deux infrastructures ont véritablement vu le jour : le stade de Kousseri dans l’Extrême-Nord et le stade de proximité de Bamenda dans le Nord-Ouest. Ces réalisations menées avec le PNUD s’inscrivaient pourtant dans un ambitieux programme de dix stades, dont seulement deux ont été concrétisés. Sur l’ensemble du territoire, la réalité demeure préoccupante : la majorité des clubs évoluent sur des terrains sablonneux, parfois impraticables en saison des pluies. La modernisation des infrastructures sportives, pourtant essentielle au développement du football national, reste un chantier immense. Le début du second mandat d’Eto’o intervient dans un contexte marqué par une instabilité interne sans précédent. Plusieurs cadres de l’administration fédérale secrétaires généraux, directeurs techniques… ont démissionné au cours des quatre dernières années. Ils pointaient tous une gestion jugée autoritaire, un climat de travail délétère et un manque de collégialité dans les prises de décision. À cela s’ajoutent des tensions répétées avec le ministère des Sports. Les relations houleuses entre la Fecafoot et le Minsep ont paralysé des dossiers essentiels comme les nominations, la supervision des sélections ou la gestion administrative. Sans une collaboration stable avec l’État, aucune réforme sérieuse ne pourra être menée jusqu’au bout.
Scandales éthiques et judiciaires : une image écornée
Le premier mandat d’Eto’o a été secoué par une série d’affaires qui ont fortement entaché la réputation du football camerounais. Entre la condamnation pour fraude fiscale en Espagne, l’affaire des 600 000 dollars du match Mexique – Cameroun examinée par les autorités américaines, l’audio lié à un match présumé truqué en Elite Two, et les sanctions imposées par la FIFA et la CAF sur la critique de l’arbitrage, la crédibilité de l’institution a été mise à rude épreuve.
Des clubs confrontés à une précarité chronique
La modernisation des championnats annoncée depuis plusieurs années peine à se matérialiser sur le terrain. Dans de nombreux clubs, les salaires sont payés avec plusieurs mois de retard, la sécurité sociale est inexistante, et les structures dépendent presque exclusivement des subventions de l’État. La situation des arbitres est tout aussi alarmante : en 2025, ils étaient en grève pour réclamer plus de 300 millions FCFA d’indemnités impayées. La fragilité financière du football local reste un problème structurel majeur.
Les sélections de jeunes en difficulté
Les mauvais résultats enregistrés par les équipes U15, U17, U20 et U23 ces dernières années témoignent d’un dysfonctionnement profond. L’absence de véritables centres de formation, l’insuffisance de l’encadrement technique et l’absence d’un projet cohérent de développement risquent de sacrifier toute une génération. Reconstruire les valeurs de l’équipe nationale passe aussi par la base : sans jeunes bien formés, aucune sélection ne peut durablement briller. Des performances sportives loin des attentes
Sur le plan sportif, les Lions Indomptables ont connu des résultats décevants, marqués par des éliminations précoces et une absence de direction tactique claire. Les changements fréquents de sélectionneurs ont contribué à créer un manque de stabilité, accentuant la crise de confiance entre les joueurs, le staff et les supporters.
Un appel à l’unité et à la discipline
Dans son discours de réélection, Samuel Eto’o a insisté sur la nécessité de restaurer la discipline, d’améliorer l’image de l’équipe nationale et de rassembler tous les acteurs du football. Il affirme vouloir mettre fin aux pratiques nuisibles afin de bâtir un environnement plus sain et plus crédible. Si les quatre axes annoncés par Eto’o donnent une orientation claire, ils ne suffisent pas à eux seuls à résoudre les multiples dysfonctionnements du football camerounais. La réforme doit être globale et toucher à des domaines essentiels : gouvernance interne, formation des jeunes, finances des clubs, relations avec l’État, transparence, professionnalisation des championnats et moralisation de la pratique sportive.
Le défi est colossal : c’est tout un système qui doit être repensé.
Le second mandat de Samuel Eto’o apparaît comme une nouvelle opportunité pour redresser la trajectoire du football camerounais. Mais les attentes du public vont bien au-delà des quatre chantiers officiels. C’est une transformation profonde, structurée et durable qui est espérée. Seul un leadership apaisé, une vision claire et une mobilisation collective permettront de reconstruire un football camerounais digne de son histoire et de ses ambitions.
À 25 ans, Eric-Junior Dina Ebimbe s’apprête à disputer sa première Coupe d’Afrique des Nations avec le Cameroun. Formé au Paris Saint-Germain, révélé en Bundesliga et désormais en pleine progression au Stade Brestois, le milieu polyvalent représente l’une des grandes nouveautés de la liste de David Pagou pour Maroc 2025. Portrait d’un joueur qui arrive en sélection au sommet de sa maturité.
Né le 21 novembre 2000 à Stains, en France, Eric-Junior Dina Ebimbe a fait le choix fort de représenter le Cameroun, pays de ses origines. Un engagement identitaire, mais aussi sportif, tant son profil correspond aux besoins actuels du milieu des Lions Indomptables. Avant d’atteindre cette reconnaissance, le milieu d’1,84 m a suivi un parcours méthodique, patiemment construit depuis ses débuts à Sarcelles. Repéré très tôt, il rejoint le Paris Saint-Germain en 2012, où il franchit toutes les étapes du centre de formation avant de signer son premier contrat professionnel en 2018.
Du PSG à Francfort : la période de triomphe
Au PSG, Dina Ebimbe découvre l’exigence du très haut niveau, jusqu’à une première titularisation officielle lors du Trophée des Champions 2021 contre Lille. Mais pour obtenir davantage de temps de jeu, il doit s’exporter. Le Havre, d’abord, lui offre le terrain idéal pour ses premiers pas professionnels : il y délivre sa première passe décisive puis son premier but dès la première saison. Son prêt à Dijon en Ligue 1 confirme ses qualités d’adaptation et sa capacité à s’imposer dans un environnement compétitif.
C’est toutefois en Allemagne que sa carrière prend une nouvelle dimension. Prêté à l’Eintracht Francfort en 2022, Dina Ebimbe progresse spectaculairement. Plus puissant, plus constant, plus complet, il s’affirme comme un milieu moderne. Le club allemand lève son option d’achat en 2023, alors que sa valeur marchande grimpe jusqu’à 10 millions d’euros. En Bundesliga et en compétitions européennes, il accumule l’expérience
qui lui manquait encore pour espérer devenir un cadre.
Le 1er septembre 2025, le Stade Brestois mise sur lui pour 6 millions d’euros. En Bretagne, il poursuit sa montée en puissance. En neuf matchs disputés cette saison, il inscrit un but, réussit 41 passes et affiche un impact constant dans la transition offensive comme dans le travail défensif. Bien qu’en phase d’adaptation, il démontre déjà un fort volume de jeu, une agressivité positive et une intelligence tactique héritée de sa formation parisienne.
Le talent camerounais au service du Cameroun
Aujourd’hui, le Cameroun mise sur ce profil rare pour renforcer un milieu orphelin de Zambo Anguissa. Polyvalent, endurant, percutant, Dina Ebimbe incarne parfaitement la vision moderne du milieu de terrain recherchée par le sélectionneur David Pagou. Sa première convocation pour la CAN 2025 est donc à la fois une récompense logique et une opportunité majeure de s’imposer durablement chez les Lions Indomptables.
Avec 188 matchs professionnels, 22 buts et 12 passes décisives, le joueur arrive dans la tanière au meilleur moment de sa carrière. À 25 ans, il se présente comme un nouveau soldat prêt à porter haut les couleurs du Cameroun au Maroc. Pour Dina Ebimbe, la CAN 2025 pourrait bien être le début d’une grande histoire en sélection.
Maintenant que le Cameroun est officiellement écarté de la prochaine Coupe du Monde, la Coupe d’Afrique des Nations qui débute le 21 décembre au Maroc devient un objectif prioritaire, presque vital.
Impossible pour les Lions Indomptables de rater ce rendez-vous. Le pays attend une réaction forte, un sursaut d’orgueil, une campagne qui redonne espoir et qui rappelle au continent que le Cameroun reste une grande nation de football. Mais pour cela, une préparation rigoureuse, disciplinée et intelligente s’impose.
Les récents matchs des Lions ont exposé de nombreuses failles : manque de cohésion, fébrilité défensive, incohérence tactique, et surtout une instabilité qui se reflète autant sur le terrain qu’en dehors. Ce contexte fragile impose un changement radical dans la manière d’aborder la compétition.
La première condition essentielle est une entente réelle au sommet. Le football camerounais souffre depuis trop longtemps de tensions ouvertes ou silencieuses entre les institutions : la Fecafoot d’un côté, le Ministère des Sports de l’autre. Les divergences de pouvoir, les décisions contradictoires et les ego en conflit ont fini par avoir un impact direct sur la performance de l’équipe nationale. Pour une CAN réussie, il faut une trêve institutionnelle. Les deux structures doivent parler d’une seule voix, définir une feuille de route claire et garantir un environnement serein au staff et aux joueurs. C’est le seul moyen de construire une équipe compétitive.
Dans cette perspective, la gestion du cas Marc Brys est capitale. Malgré les polémiques, les hésitations et les incompréhensions, il apparaît aujourd’hui primordial, comme le soutient le journaliste sportif Malachie Fotso de laisser l’entraîneur belge diriger sereinement la sélection durant la CAN. La stabilité technique est indispensable. Changer de sélectionneur à quelques semaines du tournoi serait synonyme d’autodestruction. Brys connaît désormais son groupe, a identifié ses leviers et doit pouvoir mettre en place sa philosophie sans interférences.
LES LIONS A LA CAN
La préparation doit également se concentrer sur le rendement sportif. Le Cameroun devra corriger en priorité sa fragilité défensive et son manque de créativité offensive. Les dernières prestations ont montré une équipe hésitante dans les transitions, imprécise dans la construction et en manque d’automatisme. La CAN se gagne souvent avec des équipes solides, disciplinées et capables de faire preuve d’efficacité dans les moments clés. Les Lions devront donc travailler la cohésion, rétablir une rigueur collective et clarifier les rôles de chacun sur le terrain.
Un défi supplémentaire vient s’ajouter : l’absence du lion indomptable André-Frank Zambo Anguissa, forfait en raison d’une blessure. C’est un coup dur, tant son rôle est central dans l’équilibre du milieu de terrain. Mais il faudra apprendre à s’en passer. Le Cameroun doit identifier un remplaçant capable de compenser son volume de jeu, sa capacité à casser les lignes et son impact physique. Cela nécessitera une réflexion tactique profonde et peut-être un réajustement du système de jeu afin de compenser cette perte majeure.
Enfin, l’état d’esprit sera déterminant. Pour espérer décrocher une sixième étoile, les Lions indomptables doivent retrouver une âme. Cela implique un vestiaire soudé, un leadership assumé par les cadres, et une mentalité conquérante. La CAN n’est pas qu’une affaire de talent : c’est un combat mental, émotionnel, collectif. Le Cameroun devra jouer chaque match comme une finale, avec la détermination d’une nation blessée qui cherche à se réaffirmer.
La préparation de cette CAN ne se résume pas à un regroupement ou à des séances d’entraînement. C’est un processus global, stratégique et psychologique qui engage tout un pays. Si le Cameroun parvient à retrouver la sérénité institutionnelle, la stabilité technique et l’unité sportive, alors oui, il peut viser loin, très loin. Les Lions ont déjà prouvé qu’ils savent renaître quand personne ne les attend. Reste à savoir s’ils choisiront de le faire cette année.